Où était-il à cet instant précis ?
Et avec qui ?
Et notre vie, à quoi allait-elle ressembler ?
Chaque pensée me tirait un peu plus vers le fond. J'étais si fatiguée. J'ai fermé les yeux. Je rêvais qu'il arrivait. On entendait le bruit de ses pas. Il s'asseyait près de moi, il m'embrassait et posait un doigt sur ma bouche. Je peux encore sentir sa douceur dans mon cou, sa voix, sa chaleur, l'odeur de sa peau, tout est là.
Tout est là ...
Il suffit d'y penser.
La dernière fois que nous nous sommes enlacés, c'était moi qui l'embrassait. Il s'était laissé faire.
Pourquoi ? Pourquoi s'était-il laissé embrasser par une femme qu'il n'aimait plus ? Pourquoi m'avoir donné sa bouche ? Et ses bras ?
Ça n'a pas de sens ...
Je n'ai pas envie de croiser son regard. De peur d'être mise à terre sous le poids des regrets. Je n'arrive même plus à le lire. Avant il suffisait d'un rien, lorsque l'on se regardait, tout passait à travers ce regard. Nous seuls pouvions ressentir et comprendre ça.
Et de nouveau, les larmes sont venues.
Je me disais : « Allez, il faut pleurer une bonne fois pour toutes. Tarir les larmes, presser l'éponge, essorer ce grand corps triste et puis tourner la page. Penser à autre chose. Mettre un pied devant l'autre et tout recommencer. »
On me l'a dit cent fois. Mais pense à autre chose, la vie continue.
Oui je sais, je le sais bien. Mais comprenez-moi :
Je n'y arrive pas.



